Pour une entreprise de transport, deux obligations techniques pèsent directement sur l’organisation et sur les coûts : le prélèvement kilométrique des poids lourds et le tachygraphe. Toutes deux évoluent régulièrement. Voici ce qu’il faut retenir en 2026.
Le prélèvement kilométrique des poids lourds
Depuis le 1er avril 2016, les camions de plus de 3,5 tonnes de masse maximale autorisée paient un prélèvement à chaque kilomètre parcouru sur une partie du réseau belge. Il s’agit d’une taxe en Flandre et à Bruxelles, et d’une redevance en Wallonie, perçue pour le compte de la SOFICO. Le système est géré pour les trois Régions par Viapass.
Comment le montant est calculé
- le réseau emprunté : autoroutes et principales routes régionales, dont la liste diffère selon la Région ;
- la masse maximale autorisée du véhicule ou de l’ensemble ;
- la norme d’émission Euro : plus le camion est ancien, plus le tarif est élevé.
Chaque véhicule doit être équipé d’un boîtier embarqué (OBU) fourni par un prestataire agréé, qui enregistre les kilomètres par satellite. Rouler sans boîtier, avec un boîtier éteint ou mal paramétré (mauvaise catégorie de poids, remorque non déclarée) expose à des amendes.
Une indexation chaque année
Les tarifs sont indexés chaque année, à des dates qui diffèrent selon la Région : au 1er janvier en Wallonie (+1,91 % en moyenne au 1er janvier 2026), au 1er juillet en Flandre et à Bruxelles. Les boîtiers sont mis à jour automatiquement. Pour un transporteur, c’est un coût à répercuter dans les tarifs de transport, idéalement par une clause d’indexation dans les contrats clients.
À noter : une vignette routière numérique pour les véhicules de moins de 3,5 tonnes est en projet au niveau belge. Elle ne concernerait pas les camions déjà soumis au prélèvement kilométrique, et son calendrier n’était pas définitif au moment de la rédaction.
Le tachygraphe : deux échéances à connaître
Le tachygraphe intelligent de deuxième génération
Le paquet mobilité européen impose progressivement le tachygraphe intelligent version 2 (G2V2), qui enregistre automatiquement les passages de frontière grâce au positionnement par satellite et peut être lu à distance lors d’un contrôle. Les poids lourds affectés au transport international devaient en être équipés lors des échéances de mise à niveau de fin 2024 et d’août 2025.
Les camionnettes de plus de 2,5 tonnes depuis le 1er juillet 2026
C’est le changement le plus important pour de nombreuses PME : depuis le 1er juillet 2026, les véhicules utilitaires de plus de 2,5 tonnes (remorque comprise) qui effectuent du transport international ou du cabotage doivent être équipés d’un tachygraphe intelligent, et leurs conducteurs doivent respecter les règles européennes sur les temps de conduite et de repos. Des exceptions existent, notamment pour certains transports de matériel propre ; leur portée exacte est à vérifier auprès du SPF Mobilité et Transports.
Quel lien avec l’assurance ?
- Après un accident, les données du tachygraphe servent à reconstituer les faits : vitesse, temps de conduite, pauses. Un dépassement des temps de conduite peut peser sur l’appréciation des responsabilités et alimenter un recours de l’assureur.
- La sinistralité est liée à la fatigue : des plannings qui respectent les temps de repos réduisent les accidents, et donc la prime à terme.
- Les camionnettes qui passent dans le champ du tachygraphe changent souvent d’usage déclaré : transport pour compte propre ou de tiers, rayon d’action, pays desservis. Ces informations doivent être à jour dans votre contrat d’assurance.
Pour revoir les assurances de votre flotte, consultez nos pages assurance camion, assurance camionnette et Package Colis, ou demandez une offre.
Sources : SOFICO (indexation 2026 du prélèvement kilométrique en Wallonie), SPF Mobilité et Transports (tachygraphe digital). Informations générales, à vérifier pour chaque situation particulière.
